Statut de la femme des Pahlavi à la république islamique

Période Pahlavi[

La défaite des constitutionnalistes (1921-1925) et le renforcement du pouvoir de Reza Shah (1925-1941) ont deux conséquences contradictoires. Les journaux et les groupes de femmes indépendants sont interdits par le pouvoir ; tandis que l’État applique des réformes sociales promouvant l’éducation de masse et l’emploi rémunéré des femmes pour moderniser le pays. Reza Shah initie aussi sa politique controversée de Kashf-e Hijab, bannissant le port du hijab en public.

Avant 1936 une grande chanteuse classique (radifs) se présentera sans voile en public, Qamar, de son  vrai nom Qamar-Ol-Moluk Vazir.

Mais, sous ces régimes autoritaires,  à l’instar d’autres parties de la société de l’époque, les femmes perdent le droit de s’exprimer et tout désaccord avec la politique du régime est réprimé.

En dépit de ce climat politique de nombreuses transformations culturelles et économiques se font jour au sein de la société.

Acquisitions des droits politiques et civils pour la femme iranienne sous les Pahlavis

1931 : âge légal du mariage à 15 ans.

1936 : – Système d’Èducation nationale, pas de distinctions entre les sexes.

– Les femmes peuvent entrer à l’université

– La loi interdit le port du voile

1963 : Droit d’éligibilité et vote.

1967 : Droit de protection de la famille : limitation de la polygamie, divorce interdit s’il n’y a pas de tentative de réconciliation

1978 : Âge légal du mariage qui passe de 15 ans à  à 18 ans.

 

Disparités entre villes et campagnes

Il existait sous le régime du Shah, avant 1979, encore de grandes différences entre le monde rural ,avec des femmes peu éduquées, et le monde urbain où elles travaillaient dans de nombreux domaines et poursuivaient des études.

La société rurale traditionnelle était fortement patriarcale, elle considérait les femmes comme d’éternelles mineures soumises à l’autorité du père ou du mari, tout en les liant étroitement à l’espace du foyer. Mères avant tout, celles-ci devaient se consacrer entièrement à l’éducation de leurs enfants et à l’accomplissement des tâches domestiques. Même leurs activités productrices se déroulaient au sein de la maison : fabrication du pain, barattage du yaourt, entretien des bêtes, travail de la laine et du coton. Les femmes devaient, autant que possible, éviter l’espace public. Elles devaient préserver l’honneur du groupe en obéissant à un code de pudeur strict, dont la non mixité.

Les femmes n’étaient néanmoins pas dénuées d’autorité. Outre les revenus qu’apportaient leurs activités productrices, elles jouissaient du droit de propriété et détenaient souvent une part importante des biens fonciers du couple. Leurs possessions provenaient d’un héritage .Conformément à la loi islamique, les femmes n’héritaient cependant que de la moitié de ce que recevaient leurs frères soit  la pratique du mahr. Clause inhérente à tout contrat de mariage, le mahr consistait en une liste de biens matériels offerts par l’époux à l’épouse, qui lui étaient restitués intégralement en cas de divorce ou en cas de décès de celui-ci (dont elle n’héritait quasiment rien).

Dans un tel contexte, on conçoit aisément ce que représente, aux yeux des jeunes filles et de leurs parents, un travail salarié. La dévalorisation des tâches féminines traditionnelles est telle que celles-ci commencent à ne plus être considérées comme un véritable travail Un  vrai travail doit au contraire libérer la femme de tout effort pénible tout en lui offrant argent, considération et vie sociale.

Cette évolution s’affirmera, sous les Pahlavi puis après la révolution. Mais, à cette époque, très peu de femmes des milieux traditionnels, en raison de l’interdiction de se voiler, n’ osent quitter la sphère familiale.

Sous la révolution islamique

Beaucoup de femmes vont s’impliquer dans la révolution, L’ayatollah Khomeini va les inciter à manifester contre le Shah. C’est important car les femmes religieuses se sentiront autorisées à sortir dans la rue. Mais Khomeini, à son arrivée au pouvoir, imposera à nouveau le port du hijab. Les femmes seront écartées de toute fonction publique et le nouveau régime voudra les cantonner dans leur rôle d’épouse et de mère cependant, les citadines, qui ont déjà acquis des libertés refuseront de rentrer au foyer.

Le 8 mars 1979, une grande manifestation de femmes et d’hommes a lieu lors de la journée de la femme en signe de protestation de l’obligation du port du hijab et de la suspension des lois de protection de la famille.

À souligner cependant et paradoxalement aux lois imposées aux femmes, le port du hijab à nouveau instauré, va permettre à de nombreuses jeunes filles et femmes de milieux traditionnels et modestes de sortir de chez elles, de commencer des études, de travailler.

Lors de la guerre très meurtrière, Iran-Irak, elles participeront activement aux efforts de guerre et elles vont pratiquer des métiers pour remplacer les hommes.

Les lois discriminatoires.

Les intégristes islamistes au pouvoir en Iran s’appuient sur une division sexuelle  pour créer des contraintes. Or le Coran souligne qu’il n’y a pas de contrainte en religion. Tout dans l’islam est fondé sur le libre-choix, la connaissance et la responsabilité, des critères qui ne connaissent pas de différence en matière sexuelle.

Depuis l’accès de Rohani au pouvoir a été adoptée la légalisation du mariage entre un père et sa fille adoptive. Cette loi a été mise en œuvre le 19 novembre 2013. Une loi où le rôle du père est confondu avec celui du mari et avec laquelle les enfants ne peuvent être en sécurité, une loi qui légalise la pédophilie et normalise le crime, selon les militants des droits humains. Rappelons en outre que l’âge légal de mariage pour les filles avait été élevé à 18 ans en 1974, mais en 1979 les mollahs l’ont abaissé à l’âge précoce de 13 ans.

En Iran, une femme vaut la moitié d’un homme dans le droit à l’héritage, mais aussi dans un code pénal, reposant sur la Loi du Talion, qui prône un châtiment équivalent au crime commis. Les représailles prévues par la loi ne sont d’ailleurs pas égalitaires selon le sexe de l’accusé. Ainsi, le châtiment du crime commis à l’égard d’une musulmane sera apprécié à l’aune du statut inférieur de la femme, et le dédommagement qu’elle obtiendra ne pourra excéder la moitié de celui qui serait accordé à un homme dans les mêmes circonstances.

Juste après la révolution, les femmes se sont vues  interdire l’exercice du métier de juge, qui demande, d’après les mollahs, des facultés mentales que les femmes ne posséderaient pas. En justice, le témoignage de deux femmes équivaut à celui d’un seul homme.

Le code de la famille

Le code de la famille affirme l’infériorisation de la femme. Il accorde des droits supérieurs à l’homme dans le divorce ( cependant il existe une clause dans le contrat de divorce où le mari accepte de laisser à sa femme le droit de le demander) et dans la garde des enfants et lui ouvre un vaste champ de liberté sexuelle via l’autorisation de la polygamie, et le « mariage temporaire ». C’est un mariage de plaisir qui peut durer 1 jour ou quelques mois consacré par un contrat, il n’a pas d’autre but que la satisfaction sexuelle mais paradoxalement, dans une société discriminatoire, protège les femmes en cas d’enfants nés hors mariage.Il faut noter que depuis la révolution ,une politique de planning familial a été mise en place  qui a fait chuter la natalité : 1,6 enfant par femme en 2012.

film Nahid sur le mariage temporaire

https://www.youtube.com/watch?v=JQ2Lpqi0EyM

Pour les femmes, les rapports sexuels hors mariage sont prohibés et l’adultère réprimé par la lapidation ( n’est plus appliqué). Le contrôle de la sexualité féminine constitue la garantie de la chasteté même de la société. Ce contrôle, symbolisé par le port imposé du voile, est relayé par des mesures législatives et sociales.  Ainsi, dans l’Iran actuel, la femme a le devoir de se soumettre aux désirs et aux décisions du mari dans le choix du domicile et dans ses fréquentations et ses loisirs.

Elle ne peut exercer un métier ni voyager à l’étranger sans l’autorisation de son mari. À l’intérieur du pays, les femmes qui voyagent seules sont contrôlées par les représentants de la « lutte contre la corruption des mœurs ». Le contrôle des femmes passe aussi par les mesures leur interdisant de chanter et de danser dans l’espace mixte, car leur corps et leur voix provoqueraient des désirs illicites.

film: No land’s song https://www.youtube.com/watch?v=-m049G_ZdGA

Elles ne peuvent pratiquer de sport dans les lieux publics ni participer à des compétitions sportives mixtes nationales et internationales, sauf dans quelques disciplines (équitation, ski, tir, échecs) et les épreuves pour handicapés, uniquement parce que les vêtements spécifiques aux disciplines autorisées peuvent être conçus de façon à cacher les formes féminines et que les mouvements du corps dans les jeux des handicapés sont limités.

film Offside: https://www.youtube.com/watch?v=HJe7RbSHWO8

Ce système nourrit et propage quotidiennement les représentations sexistes et misogynes contre lesquelles les femmes les plus conscientes se battent sans répit. Ce combat a commencé dès l’arrivée des islamistes au pouvoir et s’est sans cesse élargi, alors que les réformes arrachées par les contestations se révèlent infimes.

Ainsi  l’âge du mariage pour les filles avait été élevé à 15 ans en 1967, puis à 18 ans en 1974. Mais en 1979, les islamistes au pouvoir abaissent l’âge de mariage pour les femmes à 13 ans.Mais il faut reconnaitre que les femmes se marient de plus en plus tard, 24 ans en moyenne ou ne se marient pas.

Les islamistes s’opposent violemment au développement des valeurs de la modernité fondées sur la démocratie, les droits humains et l’égalité hommes femmes ce qui  crée un sérieux obstacle au développement de la société.

 

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