Talk Radio Tehran

Documentaire de Mahtab Mansour (donné dans le cadre du festival de l’Acharnière au cinéma Métropole , Lille)

Iran/France/Italie 38min STF , 2015

Dans ce court métrage, la réalisatrice a choisi de suivre quelques femmes qui ont des métiers assez exceptionnels à Téhéran, puisqu’elles sont chauffeuse d’autobus, coureur automobile et  pompiers au féminin. Nous suivons la première, Mme Nosrat, dans sa tournée à Téhéran qu’elle parcourt depuis 30 ans . Elle possède son propre autobus et travaille très dur pour subvenir à l’éducation de ses filles. Son mari, invalide de guerre, tient la maison et fait la cuisine. Eh oui, en Iran,ça existe! Madame commence à 5.30h et termine à 21h.

Pas de commentaire en voix off mais un habile montage fait avec une pointe d’humour avec toutes sortes d’ émissions de radio diffusées à Téhéran:

Ruz be xeyr. Bonjour à tous, la journée va être belle. Ruz be xeyr.

11h: L’heure de la prière.

Pourquoi s’énerver au volant? Restez calme! Respectez les autres véhicules.

 16h: les embouteillages bloquent  toutes les rues du centre, toutes les autoroutes sont bouchées, mais gardez patience, tout va s’arranger…

17h: la pollution de la ville. Cherchons ensemble des solutions

19h,  poésie lecture de textes de grands poètes tels  Rûmi ou Hafez .

On assiste dans ce bus à la montée, étonnante en Iran, des femmes à l’avant puisque c’est une conductrice. On découvre alors l’étonnement des hommes obligés de rejoindre l’arrière, mais qui l’acceptent d’un air amusé. Le trafic devient de plus en plus dense en avançant dans la journée.

Zohre, championne iranienne de rallye, coquette jusqu’au bout des ongles, a du résister pour faire sa place dans une discipline masculine. On la voit superbement maquillée en train de changer des pièces de son moteur. Elle parlera de son prochain voyage à La Mecque et montrera le costume blanc qu’elle revêtira, dans un appartement tout en rose, garni des nombreuses coupes des succès de ses courses.

Sepideh et ses trois collègues forment la seule équipe de pompiers féminine au Moyen Orient. On les voit s’entrainer à côté des hommes et réagir à une alerte,  se vêtir au dessus de leur tunique, pantalon et voile court ,d’un pantalon et d’un blouson ignifugé (elles doivent avoir chaud!) et conduire le camion.

Là aussi des situations humoristiques sont créées  par la réalisatrice lorsqu’elle cherche la caserne où sont ces femmes.

À la question posée à un groupe d’hommes,  préférez vous être secouru par un homme ou une femme?

C’est égal, les pompiers arrivent toujours trop tard!

De fait cette section féminine existe car il y eut un grave problème dans une piscine où il  avait été répandu trop de chlore. Des femmes s’y baignaient. Intoxiquées, les pompiers n’ont pas voulu (pu) leur porter secours car elles étaient en maillot de bain. Il y eut des décès.

Voilà une petite part d’une réalité iranienne assez surréaliste !

Mais on apprendra lors du débat qu’en Iran femmes et hommes ont un salaire égal.Eh oui, la France, pays des droits de l’homme, devrait prendre soin de ses femmes!

La réalisatrice n’a pas eu besoin d’un visa de diffusion puisque ce film était une coproduction occidentale. Seulement des autorisations de filmer. Ce qui évitait le casse tête des scènes à couper  devant le comité d’homologation.

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